Brevet des collèges (DNB) Session 2009
français
Proposition de correction
Le texte de l'épreuve est accessible sur le site du Web pédagogique. J.M.G. LE CLEZIO L'Enfant de sous le pont (2000)
(une correction est également proposée mais il convient de tenir compte des remarques faites dans les commentaires postés, car certaines propositions y sont corrigées.)
1. Le portrait de l’estrassier
1.1 Lignes
1-11
a. On peut relever plusieurs éléments caractérisant Ali, dans les lignes 1 à 5. Il s'agit de : «un homme (…) usé par la vie» (l.5), de
«avoir dormi dehors», «avoir bu trop de vin », «n’avait pas de domicile et pas vraiment de métier».
b. Ces éléments permettent de définir l'activité exercée par Ali,
celui-ci est «estrassier», c'est-à-dire chiffonnier. C'est une personne qui vend des chiffons, de vieux objets ramassés dans les
rues, ce que le texte explique : «de poubelle en poubelle et ramasse tout ce qui peut se vendre ».
1.2 Lignes
2-3
a. Le rapport logique exprimé dans le groupe en italiques (souligné) : «C'était un homme non pas très âgé mais usé par la vie, pour avoir dormi dehors et bu trop de vin.» est la cause : le fait d'avoir dormi dehors et bu trop de vin explique, justifie le fait que l'homme
paraisse plus âgé qu'il ne l'est.
b. On peut remplacer ce groupe par une proposition subordonnée de cause : «C'était un homme non pas très âgé, mais usé par la vie, parce qu'il avait
dormi dehors et bu trop de vin.»
1.3 Lignes
23-24
a. Le champ lexical dominant dans cette phrase est celui de la guerre : «soldat», «monté à l’assaut», «balles». Ces termes évoquent le combat, l'armement et le
métier de soldat.
b. On apprend donc qu'Ali a été soldat, il s'agit peut-être d'une guerre liée à la fin de la colonisation, comme invite à y penser le prénom «Ali» et le contexte politique de la 2e moitié du XXe
siècle. Cette participation à une guerre lui revient alors qu'il est en colère parce que quelqu'un a pénétré sur son "territoire". Cette colère soudaine dresse le portrait d'un autre
homme, plus jeune, combatif, prêt peut-être à la violence.
1.4 Ligne
38
a. La fonction de «avec d'infinies précautions» est complément circonstanciel de manière (sortit).
b. Le trait de caractère mis en valeur est la délicatesse. A la vue de la petite fille, indifférence du chiffonnier et réactivité du soldat se sont transformées en attention et
en douceur .
c. Plusieurs éléments confortent cette réponse : «Ali devait serrer les mains pour qu'elle ne glisse pas» l.39, «sans oser approcher d'elle son visage à la barbe hirsute» l.43.
On distingue bien à la fois de l'attention, une précaution ferme et une grande douceur dans le souci de ne pas piquer le corps fragile avec la
barbe.
2. La découverte
2.1 Lignes 20-21
a. La phrase «Qui avait mis ce carton là, sur son lit ? Peut-être un autre gars de la chiffe avait décidé de
s'installer ici, sous le pont ?» retranscrit les penséesd’Ali.
b. Il s'agit de discours indirect libre.
c. " Qui a mis ce carton là, sur mon lit ? Peut-être un autre gars de la chiffe a(-t-il)
décidé de s'installer ici, sous le pont ? »
2.2 Lignes 27-36
La découverte s'effectue à travers l'ouïe ; on peut relever les citations
suivantes «il entendit quelque chose» l.27 et «une voix qui appelait dans le carton, ne voix d'enfant, une voix de bébé nouveau-né», «cette voix», «la voix, claire»,
«petits cris répétés». L'ouïe permet une découverte progressive de "ce" qui est caché dans le carton. Le second sens mobilisé dans cette découverte est la vue, on peut lire
: «regarda autour de lui pour voir d'où venait cette voix» l.30, «Ali vit que le carton remuait» l. 35 ; dans ce passage, l'enfant n'est pas encore vue, ce sont les alentours
qui sont observés, avec défiance, puis le carton qui protège et qui cache.
2.3 Lignes
28-29
La classe grammaticale de « quelque chose » est pronom indéfini, [groupe pronominal sera certainement accepté]. Cet aspect indéfini s'explique
parce qu'Ali ne sait pas ce dont il s'agit. Le mot "chose" est intéressant car il renvoie à la situation incompréhensible, il se passe "quelque chose", mais aussi au caractère
indéterminé de ce qui est dans le carton. Cette "chose" étant animée,vivante et surtout humaine.
2.4 Lignes 28-29
a. Les expansions du mot « voix » sont les suivantes :
- « qui appelait » : proposition subordonnée relative
- « d'enfant » : groupe nominal
- « de bébé nouveau né » : groupe nominal
b. Grâce à ces expansions, le lecteur apprend qu'il s'agit d'un enfant, nouveau né. Cette découverte est transcrite par la répétition de «voix», la voix étant de plus en plus précisée.
3. L’enfant sous le pont
3.1 Lignes 38-40
a. Les deux propositions en italiques (soulignées) «si petite qu'Ali devait serrer
ses mains pour qu'elle ne glisse pas», et «si légère qu'il avait l'impression de ne tenir qu'une poignée de feuilles»,
expriment un rapport de conséquence. On peut remplacer "si...que" par "à tel point que", "en conséquence de cela, il devait...".
b. Cela permet d'insister sur la fragilitédu bébé. L'auteur montre que la conduite d'Ali est maintenant déterminée par l'existence de ce petit bébé, c'est cette fragilité de
la vie qui devient ce qu'il doit suivre et respecter.
3.2. Ligne 43
L'expression «cette poupée
vivante» est une métaphore qui caractérise la petite fille comme un jouet animé, vivant. [c'est un oxymore] Ce rapprochement de la petite fille et de la poupée (le
poupon) est courant mais cette expression qui montre les sentiments d'Ali exprime à la fois son admiration (métaphore valorisante) et
le cadeau que constitue tout de site à ses yeux cette présence sur son lit de cartons.
3.3 Lignes 44-46
Le bébé est en danger car il est «tout nu» et risque de mourir de froid en plein hiver « sa peau était rougie
par le froid, hérissée de milliers de petites boules à cause de la chair de poule. » l.45-46.
3.4
Pour ce chiffonnier «usé par la vie», la présence de cet enfant, le fait qu'on le lui ait donné, à lui qui n'a rien, peut
représenter le début d'une autre vie : de cette enfant abandonnée, il paraît se sentir immédiatement responsable. Cette responsabilité, cette nouvelle
relation humaine, paternelle, lui donne peut-être le sentiment d'être utile, nécessaire à quelqu'un. Cela pourrait donner un nouveau sens à sa
vie.
Réécriture
Ce matin-là, Ali et Marcel étaient fatigués. Ils pensaient à la bonne lampée de vin qu’ils allaient boire avant de se coucher sur leur lit de cartons [chacun un, collectif de "son"], sous leur couverture militaire qui les abritait du froid comme une tente [chacun une, collectif de "sa"].
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